Table des Sirènes
Les enjeux

Une table née de la mer, pour parler de ce qu'on lui doit

En collaboration avec Lorine Hennebelle

La Table des Sirènes est née d'une conviction partagée : on peut défendre une alimentation durable, végétale, engagée sans sacrifier le beau.
On peut même faire exactement l'inverse : utiliser tout l'imaginaire du merveilleux, la magie des sirènes, l'émerveillement face aux océans, pour que le message arrive autrement.
Par les sens. Par la poésie. Par un endroit qu'on n'attendait pas.

Enjeu double : raconter la fragilité de nos océans et la richesse du végétal sans jamais prononcer le mot "militant".

Les actions

Tout a été glané sur place, sur les littoraux.

Pas de vaisselle apportée dans les valises : deux verres chinés en brocante bretonne, des cuillères de service.
Le reste ? Des coquillages, des contenants trouvés au fil de la marée, et quelques céramiques empruntées à l'Atelier des Reliefs, une céramiste installée près de Guérande, là où la performance a pris vie.

La table elle-même n'en était pas vraiment une. On a creusé dans le sable. Très basse, presque au niveau du sol, comme si c'était la mer qui l'avait dessinée, et que les sirènes s'y étaient posées parce que c'était l'endroit le plus évident du monde.

Le menu  100% végétal, 100% fond marin

- Huitre et eau de mer : cocktail d'accueil. Vodka, curaçao, fruits rouges, thé au jasmin infusé à froid pour ce trouble de haute mer.
Laitue de mer.

- Coquille : Le tartare d'algues

- Rochers : rouleaux de printemps revisités Des feuilles de riz soufflées, formées comme de petits rochers du fond des océans.
Par-dessus : carottes, concombre, assaisonnement, et une fausse algue qui aurait pu être vraie. On a choisi de jouer avec la texture plutôt que de la cacher.

- Dégradé de coucher de soleil et perle : focaccia aux groseilles blanches . Plus dense, plus dans le merveilleux. Les groseilles blanches comme des perles posées là. Le beau pour le beau.

- Coraux : Pavlova. Parce que les coraux sont d'une fragilité extrême, et que la meringue aussi. Très blanche, avec une crème, des fruits rouges, des pêches d'été. Un dessert qui se casse si on n'y fait pas attention. C'est tout le propos.

- Ecailles : Madeleines. Petites, nombreuses, à croquer entre deux éclats de rire.

Le rituel de service a été pensé et chorégraphié : comment sort-on de l'eau pour apporter quelque chose à une table ?
Ce geste avait sa propre scénographie.

Le résultat

Une performance qui existe encore dans la mémoire de ceux qui y étaient.

Et qui peut exister à nouveau.

La Table des Sirènes est disponible à la réédition — pour des résidences, des lieux en bord de mer, des institutions qui souhaitent proposer une expérience à la croisée de l'art, du vivant et du comestible.

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